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le manque d’emplois favorise l’engagement de bon nombre de jeunes béninois dans la production de films. Ces jeunes qui s’autoproclament acteurs sont pour la plupart des comédiens, c’est-à-dire des gens qui ont joué ou continuent de jouer sur des scènes de théâtre. Alors qu’être comédien de théâtre n’a rien à voir avec le cinéma qui demande plus de naturel, de sensationnel, de moins de mécanisme …..
L’essor cinématographique nigérian et autre a favorisé d’une manière ou d’une autre la motivation des Béninois à se lancer dans la production de films. Ceci se confirme plus ou moins par la concurrence productive à laquelle nous assistons aujourd’hui dans notre pays. En effet, on compte une demi-douzaine de films et plus, sortis par semaine. Mais parmi ces réalisations, très peu respectent les normes du domaine. Mais parmi ces réalisations, très peu respectent les normes du domaine. Selon Jean_Paul Amoussou, acteur, réalisateur et producteur béninois, connu sous le pseudo Oncle Bazar, plusieurs raisons expliquent la médiocrité de certaines œuvres cinématographiques béninoises. « Nous sommes confrontés à des problèmes techniques et des problèmes de fond (le scénario, le message à passer, la mise en scène ….). Je me dois de vous avouer aussi que ce n’est pas facile de réaliser un film au Bénin. Les difficultés se ramassent à la pelle lors du repérage, du casting et du tournage proprement dit.
En matière de son, il faut l’avouer, nous ne disposons pas encore d’ingénieurs de son cinématographique et cette situation nous oblige à travailler avec des ingénieurs de studio », explique-t-il. Ces matériels techniques loués et payés quotidiennement contraignent donc les acteurs béninois à accélérer le tournage. Ainsi, le travail d’un mois est réduit à deux semaines. Selon Oncle Bazar, c’est cette précipitation qui justifie sans doute la distribution de films tournés en home vidéo et qui ne répondent pas aux normes du septième art.
Les consommateurs en parlent
Christian Ahouangan
J’ai l’habitude de suivre la compagnie Sèmako qui me permet tout simplement de me distraire et de me déstresser après une semaine de travail. Quant à mon appréciation du cinéma béninois, je pense objectivement qu’il reste des choses à parfaire car, on a l’impression de suivre du théâtre.
Eric Sossouhounto
La cinématographie au Bénin est plus commerciale qu’artistique à mon avis. On vous impose l’achat de deux, trois quatre volumes voire plus pour découvrir une intrigue que vous avez déjà élucidée au premier volume. Et finalement, on se rend compte que la suite est dépourvue de suspenses, remplie de verbiages et de beaucoup de scènes futiles. Je ne sais pas si c’est ce que vous appelez du cinéma. En tout cas, ce n’est pas mon avis même si j’achète souvent ces œuvres.
Marlyse Djinou
Je reconnais l’effort fourni par la jeunesse béninoise et certains réalisateurs en matière de cinéma au Bénin. Mais je dois signaler qu’il leur reste encore des choses à améliorer. Sincèrement, je ne suis pas souvent les films béninois. Je préfère les films nigérians, ivoiriens etc. Je trouve le scénario un peu barbant et identique à chaque fois. Mais une série de questions restent posées : comment s’expliquent ces sorties tous azimuts de productions ? N’existe-t-il pas de cellule de contrôle cinématographique avant la distribution ?
Rompre avec l’amateurisme
Nos investigations nous ont amenés à constater que le manque d’emplois favorise l’engagement de bon nombre de jeunes béninois dans la production de films. Ces jeunes qui s’autoproclament acteurs sont pour la plupart des comédiens, c’est-à-dire des gens qui ont joué ou continuent de jouer sur des scènes de théâtre. Alors qu’être comédien de théâtre n’a rien à voir avec le cinéma qui demande plus de naturel, de sensationnel, de moins de mécanisme ….. Ainsi, sans aucune formation professionnelle préalable dans le domaine du cinéma, ces cinéastes produisent à foison des œuvres dont la qualité est souvent mise en cause. Conséquence, la population se retrouve contrainte de consommer des productions qui ne répondent pas toujours aux normes cinématographiques. Mais loin d’être dupe, cette population se sent obligée d’encourager la production, l’initiative, le dévouement mais ne manque pas d’exprimer sa désolation pour mettre en garde les concernés. Car nos recherches ont révélé que de plus en plus, des consommateurs optent pour des films de la sous région au détriment des productions béninoises.
Certes, le Bénin a besoin des talents de toutes ses filles et de tous ses fils pour valoriser son patrimoine cultuel et culturel mais il revient à chaque acteur de mûrir son inspiration, de faire du choix de son scénario une priorité afin de soumettre plus tard aux cinéphiles du sensationnel et pas du déjà vu. De l’autre côté, il est conseillé de faire appel à des professionnels, des personnes averties pour s’armer des matériels professionnels pour réaliser de bons tournages.